© Le Hall de la chanson

Françoise Hardy nous a quittés hier, le 11 juin 2024, des suites d’un cancer.

Le Hall de la chanson salue l’artiste qu’elle a été : une autrice compositrice-interprète, qui s’est toujours distinguée par son authenticité, son humilité, sa discrétion et son franc-parler.

Archive : Conférence-chantée de Serge Hureau et Alain Privat du 8 octobre 2011 à la BNF (Bibliothèque nationale française) :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k13210104.r

Ayant démarré avec la vague yéyé, elle y a creusé un sillon atypique, préférant exprimer le mal-être adolescent, dès Tous les garçons et les filles, chanson qu’elle a un peu reniée par la suite, la trouvant pauvre mélodiquement.

Sa singularité ? Elle expliquera à l’Obs en 2000 ne pas être « attirée par ce qui est gai. En fait, ce que je recherche, c'est la beauté. La beauté en art provient souvent de la tristesse. Comme disait Alfred de Musset : Les plus désespérés sont les chants les plus beaux » (citation du poème La nuit de mai).

Elle a construit un répertoire de chansons intimes à travers lesquelles elle exprimait ses sentiments et ses blessures. Parmi celles-ci, Message personnel, qu’elle a écrit sur une musique de Michel Berger en s’adressant (elle l’avouera plus tard) à Jacques Dutronc, qui la faisait souffrir par ses absences, et qu’elle a enregistrée un mois après la naissance de leur fils Thomas, en juillet 1973. Avec l’amour, la mort était un autre thème récurrent dans son œuvre, et ce, dès l’annonce de son cancer en 2004. En témoigne Tant de belles choses qu’elle dédia sur une musique de Pascale Daniel et Alain Lubrano à son fils Thomas Dutronc juste après le diagnostic de son lymphome. Elle figure également dans son dernier disque faisant office de testament sorti en 2018 « Personne d’autre », notamment à travers Train spécial et Le large.

Elle se distinguait aussi des autres chanteuses par son interprétation toute en discrétion, laissant une impression de détachement et même, parfois, de nonchalance par rapport aux mots et aux maux qu’elle exprimait. Elle ne se considérait pas comme une « artiste de scène » à cause de la voix qui lui faisait défaut, raison pour laquelle elle avait quitté la scène dès 1968. Elle compensera cette absence par la production exigeante de 28 albums studio, se montrant audacieuse, notamment quand elle a enregistré en 1971 un album entier avec une artiste brésilienne inconnue en France, Tuca, qui signa les mélodies et les arrangements et qui a été reconnu depuis comme une pépite.

Lien de Tant de belles choses (2004)

https://www.youtube.com/watch?v=O2Ts8Ix1gqA

Lien de la chanson Train spécial (2018)

https://www.youtube.com/watch?v=-mg_TlFB7Js

Lien Le large (2018)

https://www.youtube.com/watch?v=opJZildiOlo

Coco Chanel disait qu’à 30 ans, il fallait choisir entre sa tête et son c… Françoise Hardy n’a pas eu à le faire.

Née le 17 janvier 1944, à quelques jours d’intervalle dans la même clinique que Jean-Philippe Smet (Johnny Hallyday), Françoise Hardy est la plus chanceuse des yéyés. Avec une beauté et une intelligence au couteau, la chanteuse a su transformer un essai qui était plus que prometteur.

Avec le succès Tous les garçons et les filles qu’elle signe paroles et musique, Françoise Hardy a tout de suite pu prévaloir au titre d’icône : quelque chose d’insolite connecté à l’adolescence, une solitude un peu désenchantée branchée sur le monde extérieur. Elle s’est inventée un univers pop. Sa voix phrase comme un violoncelle. Elle ne fait pas de scène. Elle ne se teint pas les cheveux. Elle les a coupés à mesure qu’elle s’affirmait comme auteure. Mais ses chansons n’ont pas un cheveu blanc.

Françoise Hardy semble n’avoir jamais quitté sa chambre de jeune fille avec un teppaz, un téléphone en bakélite et une guitare. Elle chante la nostalgie, mais elle déniche toujours les musiciens les plus actuels. Nous proposons un aperçu en chanson d’une carrière qui a débuté au temps où s’inventait la modernité.

Retrouvez les textes, photos et podcast de cette conf' chantée, incluant 7 extraits (30s) de chansons de Françoise Hardy reprises par Franck Monnet ("Tous les garçons et les filles", "Comment te dire adieu", "La question", "Message personnel", "Partir quand même", "Tous mes souvenirs me tuent") ainsi qu'un pot-pourri !

Par Ludovic Perrin (journaliste, notamment à Libération) et Franck Monnet.

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Ressources

Françoise Hardy, le temps d’après les yéyés

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