© Harry Pot
Elle aurait eu 100 ans en 2024 !
Bon anniversaire Zizi
Le HaIl de la chanson se le rappelle. Il y a 100 ans naissait Zizi Jeanmaire. Il y a 4 ans jour pour jour elle disparaissait. Cette artiste transfuge de genre et style que sa mère surnomma Zizi passa allègrement de l’Opéra de Paris à la Revue de Music-hall, ce genre de spectacle à tableaux né à Paris, dont elle est devenue une des dernières meneuses et reines. Ses dernières étaient signées Varna pour les décors et livrets, Gainsbourg pour les chansons et Saint Laurent pour les costumes. Elle eut des amours bisexuelles comme son mari de l'Opéra pour qui fut créé le Ballet national de Marseille. Ils eurent ensemble une fille nommée Valentine et sa grand-mère se nommait Mlle Repetto comme les chaussons de danse.
Suivez les pas de Zizi, admirez sa grâce et goûtez la gouaille de sa voix.
Retrouvez la vie et les succès de Zizi Jeanmaire dans "Poids plume", une émission de Marie-Claude Cudry enregistrée en 2020 par la RTS.
Serge Hureau le directeur du Hall de la chanson y est interviewé.
Écoutez-la sur : https://www.rts.ch/audio-podcast/2021/audio/son-p-tit-truc-en-plumes-25211934.html
Serge Hureau
Zizi Jeanmaire (Renée Marcelle Jeanmaire, 29 avril 1924 – 17 juillet 2020)
Née à Paris le 29 avril 1924 dans le 14e arrondissement de Paris, Renée Marcelle Jeanmaire étudie la danse classique et entre à l’âge de 8 ans à l'École de danse de l'Opéra de Paris comme petit rat en même temps que Roland Petit, son futur mari. Tous deux intègrent en 1940 le corps de ballet et en démissionnent quatre ans plus tard. Pendant la guerre, elle étudie aussi chez Boris Kniassef salle Pleyel et avec Yvette Chauviré.
Elle danse avec les Ballets de Monte-Carlo avant de rejoindre la troupe des Ballets des Champs-Élysées créée par Roland Petit devenu chorégraphe. Elle retourne à Monte-Carlo quelque mois plus tard, mais retrouve en 1948 Roland Petit qui vient de fonder au Théâtre Marigny les Ballets de Paris. En février 1949, elle interprète le rôle-titre du ballet « Carmen » d’après Bizet qui se jouera dans le monde entier, notamment à New York pendant sept mois. C’est pour les besoins du rôle que Petit lui fait adopter une coupe à la garçonne qu’elle gardera toute sa vie.
En 1950, elle chante pour la première fois dans « La Croqueuse de diamants » sur un livret de Raymond Queneau et une chorégraphie de Roland Petit, que l’on peut considérer le premier ballet sur pointes avec des chansons. Elle reprendra la chanson-titre dans le film « Folies-Bergère » d’Henri Decoin, avec Eddie Constantine en 1956.
En 1952, elle est approchée par le grand producteur d’Hollywood Sam Goldwyn pour jouer dans « Hans Christian Andersen et la danseuse » de Charles Vidor. C’est Sam Goldwyn qui lui aurait conseillé de troquer son prénom contre le surnom de Zizi, dont tout le monde l’affublait depuis l’enfance. Elle avait pour habitude de répondre à sa mère « Mon p'tit zizi » quand celle-ci l'appelait « Mon p'tit Jésus ». Elle continuera de travailler parallèlement pour le cinéma dans des films hollywoodiens comme dans des films français (« Charmants garçons » d'Henri Decoin (1957), ou encore « Guinguette » de Jean Delannoy (1959).
Après quelques spectacles de ballets, elle se lance dans le music-hall. C'est à l'Alhambra, où elle se produit avec la troupe de Roland Petit en 1957, 1958, 1959 et 1961 (5 mois) qu'elle devient réellement une vedette. Bernard Dimey lui écrit sur une musique de Jean Constantin les paroles de Mon truc en plumes, qui restera sa chanson fétiche. Elle interprète également de jeunes auteurs : Guy Béart (Il y a plus d'un an, Qu'on est bien) et Jean Ferrat (Eh l'amour).
Elle passe à l'Olympia en 1968, et en 1970, quand Roland Petit reprend le Casino de Paris, elle peut imposer sa vision du music-hall, entre tradition et modernité. Elle y reste deux années d'affilée à l'affiche en meneuse d'une revue écrite par Jean-Jacques Debout.
En 1972, Roland Petit crée à la demande de Gaston Deferre les Ballets de Marseille qui deviendront en 1981 le Ballet national de Marseille avec lequel Zizi Jeanmaire créera notamment « Parisianna 25 » en 1979 et le spectacle « Hollywood Paradise » qui sera donné à Paris en janvier 1985 puis partira en tournée européenne entre 1985 et 1987.
En 1977, elle se produit à Bobino. Elle est encore meneuse de revue au Théâtre des Champs-Élysées en 1984, puis à l'Opéra de Paris en 1992, pour la re-création des ballets de Roland Petit. En 1995, elle investit le Zénith pour un spectacle hommage à Serge Gainsbourg, où elle interprète les chansons qu'il lui avait écrites dès les années 1960 (Ces petits riens, Tout le monde est musicien...) En novembre 2000, elle revient sur la scène de l'Opéra-Bastille, avec un spectacle entre danse et chanson, chorégraphié une nouvelle fois par son mari Roland Petit.
Des ennuis de santé l’obligent à quitter la scène, mais elle sort un livre rassemblant ses photos préférées (« Et le souvenir que je garde au cœur » sorti en 2009) ainsi que plusieurs disques. Elle décède chez elle en Suisse le 17 juillet 2020.
Zizi Jeanmaire
Hommage